L'École nationale des chartes publie L'art médiéval du registre. Chancelleries royales et princières, études réunies par Olivier Guyotjeannin, volume 51 de la collection Études et rencontres.
Dès longtemps célébrés pour accroitre de façon vertigineuse le bagage documentaire de l’historien médiéviste, les registres de chancellerie sont désormais reconnus comme des sources essentielles, mais délicates, de l’art de mémoire gouvernemental. Dix-neuf contributions en tentent la première fresque.
Présentation
La pratique de l'enregistrement en chancellerie prend un essor décisif, sinon fulgurant, aux temps de la grande mue documentaire qui court de la fin du XIIeau XIVe siècle. Elle signe l'émergence d'un nouvel art de mémoire gouvernemental, qui fait garder trace écrite des décisions et des ordres et instaure une nouvelle raison archivistique. Conséquemment, et plus prosaïquement, elle capte des torrents de documents qui, d’un pays à l’autre, par dizaines ou centaines de milliers, bouleversent le paysage des sources et les méthodes d’approche des historiens. Dès les années 1860, les diplomatistes ont entrepris d’explorer cette nouvelle frontière, mettant en garde historiens et éditeurs contre l’illusion de l’exhaustivité et de l’originalité, voire de l’ordre et du soin, des enregistrements.
Leur propos était tout pragmatique: il visait l’inventaire des ressources et le catalogue des pièges, et entendait épauler des entreprises d’édition aussi florissantes que désordonnées. Les études pourtant restèrent rares et l’analyse comparée, plus rare encore. Or, comme le cartulaire, comme le formulaire, le registre de chancellerie révèle beaucoup sur lui-même. À partir du cas français, ouvert à des expériences extérieures (papauté, Angleterre, Italie, Empire), le volume entend apporter sa contribution à une histoire totale des registres qui enquête sur leurs origines, leurs éventuels modèles et surtout leur évolution, faite de tâtonnements et d’inerties autant que d’innovations et d’ambitions administratives. Mises en perspective par une introduction et deux conclusions, les dix-neuf contributions ici réunies centrent le regard, sans s’interdire quelques échappées, sur les registres des chancelleries royales et princières, dressant une carte des connaissances et des hypothèses, mais encore des vastes friches qui demeurent.
Ont contribué à cet ouvrage : Mathias Auclair, John W. Baldwin, Michelle Bubenicek, Olivier Canteaut, Cristina Carbonetti Vendittelli, Gaël Chenard, Claude Gauvard, Isabella Lazzarini, Werner Maleczek, Olivier Mattéoni, Hélène Maurin-Larcher, Joseph Morsel, Jean-François Moufflet, Olivier Poncet, Hélène Schneider, Bertrand Schnerb, Aurélie Stuckens, Valeria Van Camp, Nicholas Vincent.
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